Etudier et faire de la recherche en Tunisie

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Faits et chiffres sur le système universitaire tunisien

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Indicateurs de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique 2011 - 2016

Petra Wiesbrock, boursière du DAAD dans le cadre du programme de « bourse de recherche à court-terme »

Petra Wiesbrock (Université de Hafen City Hamburg), est en ce moment une doctorante en architecture à l’Université de Carthage, Tunisie, en tant que boursière du DAAD dans le cadre du programme de « bourse de recherche à court-terme »

 

1. Présente-toi brièvement

Je suis Petra Wiesbrock, 30 ans, et j’écris à présent ma thèse de doctorat sur le rôle des organisations internationales dans des processus de développement des villes à Tunis. Après ma licence dans le domaine d’urbanisme et mon master dans le domaine du design urbain, j'ai travaillé dans la consultation de stratégie et la futurologie. Maintenant, je voudrais exploiter mon expérience pratique dans ma thèse de doctorat et l’associer à un travail scientifique.

2. Comment avez-vous découvert le programme du DAAD pour les doctorants ?

Quelques-uns de mes amis sont des anciens boursiers du programme du DAAD pour les doctorants et de leur part, j’ai entendu parler du programme pour la première fois. Alors, lorsque j'étais à la recherche d'une bourse qui convient à mon projet de recherche, j'ai cherché directement dans la base de données de bourses du DAAD un programme de bourse convenant et j’y ai postulé avec succès.

3. Comment avez-vous préparé votre dossier de candidature ?

Sur la page d'informations du programme du DAAD pour les doctorants, il y a un fichier PDF téléchargeable, dans lequel tous les documents à préparer sont listés. Je les ai rassemblés petit à petit.

4. Pourquoi as-tu choisi la Tunisie pour ton séjour à l'étranger ? Quelles sont tes expériences en Tunisie et comment trouves-tu la recherche et la vie en Tunisie (en particulier en comparaison avec l'Allemagne) ?

J’ai pu mieux connaitre la Tunisie dans le cadre d'un séjour de cours de langue. Il s’est avéré pour moi de faire un cours de langue en Tunisie, puisque j'y avais déjà certaines connaissances et contacts professionnels. Lors du séjour, j’ai trouvé alors un sujet et un domaine de recherche pour ma thèse de doctorat.

Mes expériences en Tunisie sont très variées, mais le pays et la ville de Tunis sont aussi diversifiés. Mais en gros, je peux dire que les gens sont très particulièrement accueillants et s'avancent ouvertement vers moi.

La recherche ne se déroule pas linéairement, puisque ce n'est pas toujours simple de recevoir l'accès aux partenaires d'interview convenants ou au matériel de recherche. Mais je vois ça comme une expérience éducative positive et importante, ça permet d’apprendre à s’adapter à travailler avec un matériel limité.

C’est bien utile de pouvoir m'adresser à mon encadrant à l'université ici à Tunis, qui me donne des indications importantes, lorsque j’ai des questions ou des difficultés.

5. As-tu des consignes ou des suggestions pour ceux, qui voudraient postuler volontiers pour ce programme ?

En fait, je peux dire que ça prend du temps de préparer la candidature et rassembler tous les documents. C'était très utile pour moi de prévoir assez de temps dès le début.

En outre, j'ai fait pendant la phase préparatoire en Tunisie un cours de langue et je peux le recommander beaucoup à ceux qui veulent faire des recherches à l'étranger. A travers le cours de langue et le séjour sur place, j’ai pu améliorer non seulement mes connaissances linguistiques, mais aussi j’ai pu faire la connaissance du paysage de la recherche, de la culture et de la vie en Tunisie. Cela m'a aidé à pouvoir évaluer, si l'environnement convient à ma recherche.

Text: Beate Schindler-Kovats

Etudier en Tunisie – les étudiants internationaux racontent leurs expériences

Dans tout le globe, les étudiants sont aussi mobiles à l’international. Etant que le DAAD est la plus grande organisation d'échange dans le monde entier, il soutient sans limite les études, la recherche et l’enseignement. En effet, le DAAD considère l'échange comme processus mutuel: il n’est pas seulement un interlocuteur pour les étudiants tunisiens et les scientifiques qui sont intéressés par les études et la recherche en Allemagne, mais il soutient aussi les étudiants européens pour un séjour à l'étranger.

En 2015, 1.774 étudiants internationaux ont étudié aux universités étatiques tunisiennes, la plupart sont du Maroc, de la Mauritanie et de Palestine. 4.688 étudiants étrangers étaient inscrits aux universités tunisiennes privées, la plupart sont de l’Afrique subsaharienne.

Nous avons demandé à Jens de l'Allemagne, Adib de la France et Federica de l'Italie de nous parler de leurs expériences, étant donner qu’ils étudient en Tunisie.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

Jens Fischer (24), Allemand,

les études arabes à l'Université de Münster,

littérature arabe à l'Université d'El Manar, Tunis,

autofinancement                                                                                                            

Je suis depuis un an en Tunisie et j’étudie en master la littérature arabe à l'université de Tunis el Manar. Je suis en Tunisie pour améliorer mes compétences en Arabe: l’arabe soutenu et le dialecte tunisien. La Tunisie m'excite aussi pour des raisons politiques, à cause de la révolution de jasmin et le processus de la démocratisation fondé sur cela. C'est très intéressant d’observer, comment la société change. J’envisage de me concentrer dans mes études sur le Maghreb.

Trouver un logement à Tunis, était, peut-être, le plus grand défi. A l'université, c'était difficile au début de parvenir à des informations parce qu’on m’a pas répondu sur mes e-mails, mes demandes etc.

Ici les méthodes d'enseignement se distinguent trop de celles auxquelles je suis habitué en Allemagne. Le cours frontal se concentre sur l'enseignant : l'enseignant explique et dicte, et on prend des notes parallèlement pour les reproduire alors pendant l'examen. Il n'y a aucun flot d'information organisé, cela rend la communication avec l'administration et les collègues difficile.

Néanmoins, je trouve la vie en Tunisie simple et agréable. Les gens sont toujours très serviables, particulièrement envers les étrangers qui demandent le chemin ou ont besoin d'une explication. Je pense aussi que c'est assez important de voyager en Tunisie pour faire aussi la connaissance des autres régions du pays. Particulièrement la capitale Tunis dispose d’une vie animée, sociale et culturelle. Il y a des cinémas, des théâtres, et beaucoup de cafés intéressants et des événements régulièrement culturels, comme des concerts, des lectures théâtrales etc.

Puisque les offres sont si vastes et variées, il arrive fréquemment que je n’étudie pas si intensément comme je le devais.

Ma recommandation: C'est important de s'exercer à la patience et de s'arranger le temps pour l’adaptation, puisque la Tunisie peut sembler, juste dans les premières semaines, peu sale, chaotique, et aussi submergé. Pourtant, la vie est ici simple, dès qu’on a compris la structure essentielle. 

Federica La Mantia (25), Italienne,

Corporation and Development à l’Université Palermo,

Migration Studies à l’Université Tunis El Manar,

Boursière dans le cadre du programme Erasmus+ 

 

J'étudie les relations internationales à l'université el Manar à Tunis et j’ai commencé un stage à Amnesty International dans le cadre de mes études. J’ai décidé d’étudier en Tunisie parce que cela m'offre une bonne possibilité de faire des études grâce au programme Erasmus+ d’étudier dans un pays arabe. Pour moi c’est une nouvelle expérience en dehors de l'Europe.

Pouvoir étudier en anglais, est aussi une occasion attirante. Un grand défi est la langue dans le programme d'étude et au quotidien. L'initiative individuelle est demandée, puisque ici les enseignants ne mettent à la disposition aucun matériau éducatif.

La différence la plus importante par rapport au système universitaire italien se trouve dans la relation avec les enseignants. En Italie, le contact avec les professeurs est assez distant et il n’y a seulement que peu d'interaction. Mais les cours en Tunisie sont beaucoup plus interactifs, et une discussion active règne souvent dans les séminaires.

L'obtention des informations est difficile, et on doit seulement compter sur nous-même. Pour moi, le changement des perspectifs et de l'expérience de l'autonomie est important.

Pour ce qui concerne les gens, j'ai eu vraiment de bonnes expériences. J'apprécie beaucoup mes camarades d'études à l'université. J'étais traité très aimablement par tout le monde. Mais malheureusement, je n'ai pas eu jusqu'à maintenant l'occasion de découvrir le pays à l'extérieur de Tunis.

Ma recommandation: on ne devait pas être déconcerté de la première impression. Etant des étudiants européens, on fait la connaissance des nouveaux alentours, d'une nouvelle culture, peut-être, même un nouveau système. Pour cela on devait être ouvert et surmonter les obstacles pour vivre en une culture riche, variée et merveilleuse.

Adib Fanton (21), Français,

les études arabes à l’Université de Lyon,

literature arabe  à l’Université La Manouba,

Boursier de Campus France

J’étudie à Tunis, à l'université la Manouba, avec l'objectif d’améliorer mes compétences en Arabe et de faire des recherches sur la Tunisie, puisque je voudrais écrire ma mémoire de Master sur la littérature après l'indépendance de la Tunisie. Je reçois une contribution mensuelle de 600€ de Campus France pour pouvoir financer mon séjour d'études.

La vie en Tunisie est assez favorable et ne représente aucun problème pour moi. J'ai pu trouver vite un logement et en même temps j’ai aussi fait la connaissance de beaucoup de nouveaux amis à l'université, entre autres aussi des étudiants qui sont avec le même programme à Tunis.

Je trouve l'administration à l'université un peu compliqué. On doit accomplir presque tout par nous-même et il faut patienter parce qu’on ne reçoit pas directement toutes les informations ou on est demandé de venir de nouveau le lendemain.

Je reconnais comme étant étudiant si un enseignant a passé toute sa carrière académique seulement en Tunisie et si ses méthodes d'enseignement sont « tunisiennes » ou non.

Tunis est très ouvert et la vie culturelle a beaucoup à offrir. Je me souviens volontiers du festival cinématographique de Carthage. Il y a beaucoup de théâtres et de cafés théâtraux qui organisent divers événements culturels. Je n'avais pas encore la possibilité de voyager dans tout le pays, mais, je visite souvent les villes environnantes comme la Marsa, Carthage ou Sidi Bou Said. Le musée de Bardo est aussi très remarquable. Concernant la vie culturelle, Tunis a vraiment beaucoup à offrir.

Ma recommandation: Etudier en Tunisie demande de la patience. Patience avec l'administration, patience avec l'université. On devait rencontrer toutes les situations avec la patience.

On devait accepter les défis dans le quotidien et voir comme possibilité de se perfectionner.


Cette interview a été réalisée par  Fatima Amjahad.

Copyright : DAAD Tunis

Crédits Photos : Beate Schindler-Kovats

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